Lucky Luke : la critique du film !

Publié le 21 Octobre 2009

Date de sortie : 21 octobre 2009
Réalisé par : James Huth
Avec : Jean Dujardin, Sylvie Testud, Daniel Prevost, Alexandra Lamy


Il est « l’homme qui tire plus vite que son ombre ». Lucky Luke. Le seul, l’unique. L’aventurier intrépide est missionné par le Président pour rétablir l'ordre à Daisy Town, la ville qui l'a vu grandir. Jadis un coin de paradis, Daisy Town vit sous la terreur des colts. Bandits et ennemis de Luke y font la loi, comme Pat Poker et Billy the Kid. Les souvenirs remontent à la surface et le justicier fragilisé confronte l’assassin de ses parents ! Le héros qui n’a jamais tué se laissera-t-il gagner par la haine ? Sera-t-il sauvé par Belle, l’éblouissante et mystérieuse chanteuse du saloon avec laquelle il découvre le grand Amour ? Le gouverneur Maurice Austin Cooper, fidèle ami de son père, Calamity Jane, la complice de toujours aux jurons fracassants, Jesse James, le ténébreux brigand amateur de Shakespeare, l’accompagnent dans une valse de duels, d’éclats de rires, de poursuites, d’étreintes passionnées et d’effroyables trahisons. Sur le chemin de sa vérité, Luke démantèlera un complot de bien plus grande envergure. L’avenir de l’Amérique est en jeu. Le cow-boy solitaire retombera-t-il dans ses bottes taille 52 ? Repartira-t-il, le cœur vaillant, avec Jolly Jumper vers d’autres soleils couchants ?
Après plusieurs tentatives d’adaptations de l’univers de Morris et Goscinny (« Les Daltons », « Lucky Luke » de Terrence Hill ») qui n’ont pas marquées les esprits loin de là, le duo James Huth-Jean Dujardin se reforme 4 ans après le carton de « Brice de Nice » pour se frotter à la tache. En 4 ans, les choses ont changées : Dujardin a consolidé son statut de star et ajouté à cela une vraie crédibilité d’acteur avec ses prestations dans les 2 « OSS 117 » et « 99 Francs », James Huth lui est un metteur en scène que j’ai personnellement toujours du mal à cerner, si l’on excepte « Brice de Nice » il est l’auteur d’un réjouissant « Serial Lover » et de l'étonnamment correct « Hellphone ».
Après des bandes-annonces et teasers qui laissaient présager le pire, le résultat final est surprenant et assez honorable même s’il est probable qu’il déroute une bonne partie du public.
Huth propose sa vision de Lucky Luke et appose sa patte à l’entreprise pour proposer un film beaucoup plus ambitieux qu’il en a l’air.

De l’ambition formelle tout d’abord parce que Huth cloue le spectateur avec sa mise en scène et le travail léché au niveau de la photographie : On dénote une recherche esthétique peu courante dans le cinéma Français, un souci du détail, de la composition de plan et du décor : glissant des clins d’œil et références ainsi qu’une belle reconstitution de l’univers visuel imaginé par Morris.
Mais plus encore là ou le cinéaste surprend c’est lorsqu’il cite ouvertement Sergio Leone dans la scène d’ouverture et ne se ridiculise pas au contraire il trouve une vraie puissance dramatique qu’on ne lui connaissait pas ou peu, les scènes de fusillades sont assez terribles dans l’ensemble et franchement jouissives (voir l’arrivée de Lucky Luke à Daisy Town) et les scènes intimistes d’un Lucky Luke torturé par le passé sont étonnamment fortes.
La principale force du film de Huth à l’écriture et à la réalisation c’est de tirer Lucky Luke vers des horizons sombres et jamais explorés jusqu’à lors, et ainsi d’en faire un personnage pris entre des dilemmes moraux et un besoin d’assouvir sa vengeance. Cet aspect original et inédit est intéressant à voir dans une telle production. Huth a le mérite de proposer sa vision et de l’assumer au risque de dérouter son public.

Là ou le bat blesse en revanche c’est au niveau de l’humour pratiqué qui a tendance à tomber à l’eau 8 à 9 fois sur 10, un humour décalé qui s’agence moyennement voir pas du tout avec le reste du film heureusement le plus souvent l’humour reste au second plan dans le film, néanmoins dans le deuxième tiers du film (le plus faible de loin) quand il prend vraiment le dessus sur l’histoire le film perd subitement la pluparts de ses intérêts heureusement que cela n’est en vigueur qu’un temps. Le seul truc qui m’a vraiment fait rire est le générique de fin.
Un mot sur les acteurs : Jean Dujardin compose un bon Lucky Luke, certes une composition moins « créative » que dans « OSS 117 » et « 99 Francs » mais il joue juste et est charismatique. Le plus réjouissant est Daniel Prevost en Pat Poker à la fois sobre dans son jeu et mégalo irrésistible, une composition explosive et inattendue.
Sylvie Testud et Melvil Poupaud que l’on a pas l’habitude voir dans ce genre de projets composent des personnages décalés et réjouissants dans leurs approches quand à Michael Youn il est moins pire que ce que laisse présager les extraits, à peu près supportable.
Enfin la BO colle très bien à l’atmosphère, le score de Bruno Coulais a de la gueule et épouse le travail de James Huth, l’utilisation de divers titres en hommage s’agence bien et cela rentre dans l’univers développé par le réalisateur.

Une relecture du mythe loin d’être inintéressante qui s’aventure dans des zones inédites et cela fonctionne bien, car c’est globalement bien joué et irréprochable sur la forme dommage que l’humour soit si inefficace d’autant plus que le film aurait pu gagner à le gommer pour s’assumer totalement sérieux.

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Critique by Unkut